C’est à la fin du XVIe siècle qu’apparaît le mot « entrepreneur ». Il désigne alors un négociant qui traite principalement avec les armées royales. Puis, il est appliqué à tous ceux qui, liés par un contrat avec la royauté, se chargent de la construction des fortifications, des ponts et des routes. Dans leur Encyclopédie de 1755, D’Alembert et Diderot définissent l’entrepreneur comme celui qui se charge d’un ouvrage. On parle encore aujourd’hui, dans le langage commun, d’entrepreneur du bâtiment. Mais l’entrepreneur, c’est d’abord le chef d’entreprise, acteur essentiel du processus économique, qui fait croître la production. […] Différente est l’approche de Jean-Baptiste Say, industriel et banquier français (1767-1832) connu pour ses écrits d’économie politique. Il assigne comme fonction principale à l’entrepreneur la combinaison des facteurs de production et l’organisation de la production. L’entrepreneur J.-B. Say est un catalyseur et un rassembleur d’hommes. Il est avant tout un organisateur qui se fixe comme premier but d’accroître et d’optimiser la production. […] Il faudra attendre Joseph Schumpeter [1883-1950] pour que naisse un éclairage nouveau. […] Schumpeter met en avant, pour le glorifier, le rôle perturbateur de l’entrepreneur. Il précise que seuls les individus capables d’innover méritent la désignation d’entrepreneur. Ces individus sont dotés d’une capacité créative et font preuve d’initiative et de volonté.
| Type d’entrepreneur | Caractéristiques clés | Rôles principaux |
|---|---|---|
| Organisateur des activités économiques | – Capacité d’organisation – Capacité de coordination de ressources limitées – Position d’intermédiaire |
– Coordination des ressources – Prise en compte des risques liés à l’intermédiation et au changement |
| Innovateur | – Capacité d’identification et de création de nouvelles opportunités – Capacité d’innovation et d’imagination |
– Apport d’innovation – Recherche de nouvelles opportunités dans le domaine de l’entreprise – Prise en compte des risques liés à l’innovation |
A. Fayolle, « L’entrepreneur entre ordre et désordre », Alternatives économiques, hors-série n° 65.
Associer un peintre en bâtiment, activité traditionnelle, à la logique du digital relève du pari osé. L’ingénieux Cyrille Sabatier, dirigeant de l’agence en communication perpignanaise AttrapTemps, l’a relevé en deux mois, lançant une application mobile sous Android dédiée à la prise de mesure des surfaces à peindre. Commandé par l’entreprise DPS de Pascal Gimenez, installée à Villelongue-de-la-Salanque, l’outil développé par la société de Tecnosud [à Perpignan] « permet à DPS de saisir les métrés d’habitation sur tablette afin d’obtenir des calculs de surface et des devis automatiques, immédiats », explique Cyrille Sabatier, qui a déjà demandé à ses développeurs de travailler sur une deuxième version de l’application soutenue par l’image. […]
C. Sabouraud, « AttrapTemps déploie un mètre intelligent », L’Indépendant, 15 octobre 2015.