L’ouverture des frontières aux marchandises et aux capitaux étrangers rendant les économies plus vulnérables aux chocs externes, les États cherchent à recréer un marché protégé plus vaste que le marché national, avec des pays partenaires voisins. Ce régionalisme apparaît de prime abord comme contraire à l’esprit de l’OMC, dont un des principes fondateurs est la non-discrimination. Or, au sein d’une union, les obstacles sont moindres que ceux dressés à l’encontre des marchandises et des capitaux échangés avec les pays situés hors de l’Union […].
La période contemporaine est marquée par une montée du régionalisme, sur le plan des institutions et sur le plan commercial […]. Sur le plan commercial, on observe une croissance des échanges intra-zone en général plus rapide que celle des échanges inter-zones. Cette intensification des courants infrarégionaux, à moyen terme, se mesure par l’augmentation de la part de ces flux dans le commerce mondial, liée, notamment, à l’accroissement des flux internes à l’Amérique du Nord et à l’Asie.
La doctrine de l’OMC revient à considérer que la création d’unions régionales constitue une avancée vers le multilatéralisme total, plutôt qu’un retour vers un protectionnisme, qui n’est plus un protectionnisme de pays mais de zone […]. Néanmoins, le risque lié à la formation de ces vastes espaces, comme l’Union européenne, l’ALENA1, le Mercosur2 ou l’ASEAN3, est que le monde soit constitué de blocs qui s’affrontent dans des guerres commerciales, d’autant plus dures que le poids économique de chacun est élevé.
B. Guillochon, La Mondialisation, Larousse.

1. ALENA : Accord de libre-échange nord-américain (Canada, États-Unis, Mexique).
2. Mercosur : Marché commun du Sud (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela ; pays associés : Bolivie, Chili, Colombie, Équateur et Pérou).
3. ASEAN : Association des nations du Sud-Est asiatique (Brunei, Birmanie, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam).