Le calcul et l’interprétation des SIG

I. L’intérêt de calculer l’ensemble des SIG

Les soldes « marge commerciale », « production », « valeur ajoutée » et « EBE » n’apparaissent pas dans un compte de résultat en liste. Or, ce sont des indicateurs fondamentaux puisqu’ils expliquent la formation du résultat d’exploitation. Ainsi, les SIG permettent non seulement de comprendre la formation du résultat comptable mais aussi d’analyser en détail l’activité courante de l’entreprise, d’observer la richesse créée et sa répartition entre les différents partenaires de l’entreprise (salariés, banques, apporteurs de capitaux, organismes sociaux, État, entreprise elle-même).

Par ailleurs, les SIG sont utilisés pour le calcul de ratios et permettront d’affiner l’analyse de la rentabilité et de la profitabilité de l’entreprise. Ils font l’objet d’un suivi dans le temps et dans l’espace (comparaison avec les concurrents d’un même secteur d’activité) afin d’observer l’évolution de la performance de l’entreprise.

II. La lecture des SIG

Les SIG sont calculés en cascade par différence entre les produits et les charges. Les trois premiers permettent d’analyser l’activité, les six suivants correspondent à l’analyse du résultat.

Calcul des SIG

Éléments de lecture des SIG

Marge commerciale (MC)

= Ventes de marchandises (707 – 7097)

– Coût d’achat des marchandises vendues (607 – 6097 + 6037)

Seules les entreprises dont l’activité est commerciale calculent ce solde (entreprises qui achètent des biens et des services et les revendent en l’état sans transformation). La marge commerciale correspond à la ressource dégagée par l’activité commerciale de l’entreprise.

Rappel : le coût d’achat des marchandises vendues est le coût des marchandises vendues au cours de l’exercice. Il est obtenu en additionnant les achats de marchandises et la variation du stock de marchandises.

Production de l’exercice (PE)

= Production vendue (70 sauf 707 et 7097)

+ Production stockée (71)

+ Production immobilisée (72)

La production de l’exercice concerne les entreprises industrielles (entreprises exerçant une activité de transformation ou de prestations de services).

Dans les entreprises dont l’activité est industrielle et commerciale, la marge commerciale permettra d’apprécier l’efficacité commerciale de l’entreprise, la production de l’exercice et l’efficacité industrielle.

Valeur ajoutée (VA)

= Marge commerciale

+ Production de l’exercice

–⁠ Consommations de l’exercice en provenance de tiers (60 – 609 + 61 + 62 sauf 607, 6097 et 6037)

La valeur ajoutée représente le supplément de richesse apporté aux biens et aux services grâce à l’activité de l’entreprise.

Elle renseigne sur le degré d’intégration de l’entreprise : plus la contribution de l’entreprise à la production est importante (fort degré d’intégration), plus la valeur ajoutée est élevée. Ainsi, une entreprise qui parvient à assurer elle-même de nombreux stades dans le processus de production aura une valeur ajoutée élevée.

La valeur ajoutée constitue la rémunération qui sera consacrée aux facteurs de production puisqu’elle sera répartie entre ceux qui ont participé à sa création : le personnel, les apporteurs de capitaux, l’État et l’entreprise elle-même.

Rappel : les consommations de l’exercice en provenance de tiers sont les matières premières consommées au cours de l’exercice et les achats non stockés de matières et fournitures, de sous-traitance, de services extérieurs.

Excédent brut d’exploitation (EBE)

= Valeur ajoutée

+ Subventions d’exploitation (74)

–⁠ Impôts et taxes (63)

–⁠ Charges de personnel (64)

 

On parle d’insuffisance brute d’exploitation (IBE) lorsque le solde est négatif.

L’EBE correspond à un surplus monétaire potentiel dégagé par l’entreprise : en effet, le calcul de l’EBE n’intègre aucun produit ou aucune charge calculés (ex. : amortissements). Les produits et les charges qui entrent dans son calcul correspondent tous à des flux financiers.

L’EBE est un indicateur de performance industrielle et commerciale privilégié pour évaluer et comparer la performance de l’exploitation des entreprises car il est indépendant de la politique d’investissement (les amortissements ne sont pas pris en compte), de financement (les charges financières ne sont pas prises en compte) et de distribution de dividende des entreprises.

Puisque les charges d’impôt et de personnel sont déduites, c’est un indicateur qui représente la part de la valeur ajoutée qui reste aux apporteurs de capitaux et à l’entreprise.

Résultat d’exploitation (RE)

= EBE

+ Reprises sur charges et transferts de charges d’exploitation (781 + 791)

+ Autres produits de gestion (75 sauf 755)

–⁠ Dotations aux amortissements et dépréciations sur charges d’exploitation (681)

–⁠ Autres charges de gestion (65 sauf 655)

Le résultat d’exploitation est calculé à partir de l’EBE auquel on a soustrait les amortissements. Il tient donc compte de la politique d’investissement de l’entreprise. C’est un calcul comptable qui ne correspond pas à un flux financier (les amortissements sont des charges calculées qui réduisent le résultat comptable mais pas la trésorerie).

Il représente le profit ou la perte générés par l’activité courante de l’entreprise. C’est un indicateur privilégié pour apprécier la rentabilité industrielle et commerciale de l’entreprise.

Résultat courant avant impôts (RCAI)

= Résultat d’exploitation

± Quotes-parts de résultat sur op. faites en commun (755 et 655)

+ Produits financiers (76)

–⁠ Charges financières (66)

Visible dans le compte de résultat en liste, le RCAI est calculé à partir du résultat d’exploitation. Cet indicateur tient compte de la politique financière de l’entreprise. Il peut être comparé au résultat d’exploitation pour observer l’impact de la politique financière de l’entreprise sur la formation du résultat.

Résultat exceptionnel
(R exc.)

= Produits exceptionnels (77)

–⁠ Charges exceptionnelles (67)

Le résultat exceptionnel n’est pas calculé à partir d’un autre solde.

Cet indicateur regroupe des éléments qui ne sont pas liés à l’activité courante de l’entreprise.

Il peut apporter des informations sur la politique d’investissement de l’entreprise étant donné qu’il intègre les cessions d’immobilisations.

Résultat net comptable (RNC)

= Résultat courant avant impôts

± Résultat exceptionnel

–⁠ Participation des salariés

–⁠ Impôts sur les bénéfices

Le RNC de l’exercice est le profit dégagé après versement de la participation aux salariés et paiement de l’impôt sur les bénéfices.

Le résultat peut aussi être une perte.

S’il est bénéficiaire, une partie du résultat est versée aux apporteurs de capitaux. Le résultat net permet donc d’apprécier la rentabilité pour les actionnaires. Le résultat peut également être conservé au sein de l’entreprise pour constituer l’autofinancement et assurer ainsi sa croissance.

Plus ou moins-values

= Produits des cessions d’éléments d’actif

–⁠ Valeurs comptables des éléments d’actif cédés

Calculées indépendamment des autres soldes, les plus ou moins-values sur cessions d’éléments d’actif permettent d’observer les opérations de désinvestissement réalisées par l’entreprise.

Elles peuvent être le signe de difficultés pour l’entreprise lorsqu’elles sont importantes.