Exploiter un texte

Pour comprendre au mieux la multitude des textes économiques, issus de la presse ou de l'édition que vous serez amenés à lire et à analyser, il est important de savoir repérer rapidement les informations essentielles. Ce sont elles qui vous permettront de répondre aux questions posées sur ces textes. Pour les repérer, la méthode distingue trois étapes à respecter.

Comment procéder ?

1. Réfléchir sur l'environnement du texte

■ Quels sont le titre et la source ?

Le titre du document et la nature de la source fournissent les repères suffisants pour mieux cerner le genre du texte (journalistique, théorique, etc.).

■ Quand le texte a-t-il été écrit ?

Le contexte dans lequel le document a été écrit est un élément indispensable à sa compréhension.

■ Qui est l'auteur du texte ?

Un journaliste témoin, un théoricien, etc. À quelle famille de pensée appartient l'auteur ? À qui le texte s'adresse-t-il ?

2. Lire le texte et les questions

Il est nécessaire de procéder à une lecture active du texte. Celle-ci doit mener à une compréhension générale du document et à la définition du thème majeur évoqué.

■ Commenter le titre. Il contient des informations et résume souvent l'idée essentielle du texte ; il permet de prévoir les points abordés dans le texte.

■ Repérer les mots-clés, en rechercher la définition si nécessaire.

■ Déterminer le type du texte. Il peut s'agir de l'observation et de la description objective d'un fait, d'une analyse critique, d'une thèse ou encore d'une opinion.

■ Repérer la nature des questions posées pour comprendre le travail que l'on attend de vous. En général, ces questions demandent de définir des termes, de donner des exemples, de faire des comparaisons, d'expliquer un point de vue particulier, d'exprimer une opinion, etc.

3. Analyser le texte

L'objectif est de faire ressortir la logique du texte et la pensée de l'auteur, en dissociant l'essentiel de l'accessoire. Il peut s'agir aussi parfois de répondre à des questions.

■ Relire le texte en ayant à l'esprit les questions posées.

■ Repérer le plan du texte. Chaque paragraphe contient une idée principale, un ou des arguments à l'appui de cette idée, une ou plusieurs illustrations de cette idée.

■ Retrouver les enchaînements logiques du texte en relevant les mots qui marquent sa structure (« tout d'abord », « ensuite », « enfin »), ceux qui évoquent les étapes d'un raisonnement (« si... alors », « par conséquent », « parce que », « donc »), ceux qui marquent des oppositions (« mais », « néanmoins », « toutefois », « cependant », « en revanche »).

■ Regrouper les idées avec des critères simples : avantages/inconvénients, causes/conséquences, intérêts/limites, etc.

Exemple

La désindustrialisation résulte-t-elle de la mondialisation ?

En ce qui concerne la structure de l'économie, la principale question est celle de la désindustrialisation.

La crainte existe qu'une grande part des activités industrielles se transporte au-delà de nos frontières, dans les pays à bas coûts salariaux. Est-ce vérifié ? Où cela nous mène-t-il ? La baisse du poids relatif de l'industrie dans l'activité et la gamme des emplois correspond, pour les économies développées, à une tendance lourde. Quand les nations deviennent plus prospères, elles consomment relativement plus de services ; cela réduit la part de l'industrie dans le PIB. De plus, la productivité dans l'industrie augmente relativement plus vite que dans les services. Ce phénomène, conjugué au précédent, produit une baisse – relative et absolue – de l'emploi industriel. L'agriculture a suivi il y a quelques décennies, et pour les mêmes raisons, une évolution analogue. La désindustrialisation résulte donc, au moins pour une part, du processus de développement et de croissance économique, elle n'implique pas que toute activité primaire ou secondaire soit éliminée de notre espace national.

« Le sursaut, vers une nouvelle croissance », rapport officiel remis au ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, sous la direction de Michel Camdessus, La Documentation française, octobre 2004.

1. Réfléchir sur l'environnement du texte

■ La source, le titre

La source nous indique qu'il s'agit d'un rapport officiel rédigé par Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France, à la demande du ministre de l'Économie et des Finances de l'époque, Nicolas Sarkozy. La Documentation française est un éditeur public.

Le titre traite, non pas d'une situation à un instant donné (vision statique), mais d'un processus (vision dynamique) censé se dérouler sur une période longue.

■ La date

Le texte a été rédigé en octobre 2004. Les tendances à long terme de la désindustrialisation ne se modifient pas du jour au lendemain, le problème est toujours d'actualité.

■ L'auteur

Le document est extrait d'une œuvre collective, écrite sous la direction de Michel Camdessus, gouverneur de la Banque de France, ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Ce n'est donc ni un journaliste, ni un écrivain, ni un économiste, mais un haut fonctionnaire.

2. Lire le texte et les questions

■ Le titre

Il invite à se demander si la mondialisation de l'économie conduit à une désindustrialisation des pays développés. Des craintes surgissent çà et là quant aux effets des délocalisations industrielles. Ces dernières sont-elles responsables de la désindustrialisation observée ? La tendance à la désindustrialisation n'est-elle pas plus ancienne ? inéluctable ?

■ Les mots-clés

Les mots importants permettant de mieux comprendre le texte sont les suivants : désindustrialisation, PIB, productivité, activité primaire, activité secondaire (voir certaines définitions dans le lexique).

■ L'idée générale

À la première lecture, il ressort que l'industrialisation est un mouvement de longue durée observé dans toutes les économies développées, à des degrés divers.

3. Analyser le texte

■ Le plan, les enchaînements

Une accroche pose la question de la responsabilité des délocalisations dans le processus de désindustrialisation. L'auteur y répond en expliquant que la désindustrialisation s'observait avant la montée des délocalisations.

Il avance pour cela les deux arguments suivants : les pays développés consomment de plus en plus de services ; la productivité est plus forte dans l'industrie, qui nécessite donc de moins en moins de main d'œuvre.

La conclusion est partielle, puisque la suite de l'article doit terminer la démonstration, selon laquelle la désindustrialisation est un processus « normal ».