Quand on a connu le succès avec le développement du désormais incontournable Sephora, lancer une toute nouvelle entreprise peut au mieux sembler une « marotte », au pire être juste une façade, tant l’entrepreneuriat devient aujourd’hui tendance. Pourtant, Isabelle Masson-Mandonnaud a tout d’une entrepreneuse dans l’âme. Du géant Sephora au lancement d’une jeune entreprise en passant par les conflits d’actionnaires et la recherche de financement… : avec son parcours atypique, elle a traversé un concentré des affres de la création et gestion d’entreprise. Retour sur ses temps forts.
« Je suis rentrée à Shop 8 à 22 ans, dans le cadre d’un stage. À l’époque, en 1983, c’était une petite entreprise d’une dizaine de magasins. » Peu à peu, Isabelle Masson-Mandonnaud se prend à admirer le fondateur de Shop 8, Dominique Mandonnaud, « devenu un modèle », avoue-t-elle. Les deux deviennent complices en affaires, et finissent même par se marier (ils sont aujourd’hui séparés). Un statut de femme de patron « pas évident à porter, où il faut se battre pour être reconnue », confie-t-elle.
Ensemble, ils écrivent le projet de ce qui deviendra Sephora. […] Le challenge sera réussi pour en faire le succès que l’on connaît, succès qui conduira le groupe LVMH […] à racheter en 1997 la chaîne dédiée à la beauté. Et alors que son mari décide, à plus de 50 ans, de s’accorder une retraite bien méritée, Isabelle Masson-Mandonnaud, elle, ne peut se résoudre à rester inactive. En 2004, […] elle se lance dans la création de son propre projet […]. Ce projet prendra la forme de Louise Entreprise, développant la marque Crazy Libellule. Pour cette première entreprise, elle doit lever des fonds… ce qui s’est avéré délicat.
[…] L’entreprise connaîtra trois levées de fonds, avec un groupe suisse pour la dernière. Une dernière levée qui s’est mal passée : « Le fonds a voulu tout diriger, et la tension est devenue trop forte. J’ai préféré me retirer de mon entreprise avant le carnage. » Une décision dure et brutale : « J’étais mandataire sociale, donc pas du tout protégée, sans droit au chômage. Depuis, je fais attention car pour un chef d’entreprise, cette protection n’apparaît clairement pas comme une priorité. »
Après une période où Isabelle Masson-Mandonnaud se recentre sur elle-même afin d’analyser les erreurs commises et savoir ce qu’elle voulait vraiment, elle décide, enfin, de se relancer. Toujours dans le secteur du parfum solide, le concrète, mais avec des bases nouvelles et un concept affiné. […]
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